L'année 2014 a réservé 3 surprises majeures : le déclin marqué du prix du baril de pétrole, la forte baisse des rendements des obligations et l'appréciation du dollar face à l'euro.
Perçu il y a quelques années comme une matière première dont le prix ne pouvait que monter (certaines prévisions de 2008 estimaient même un prix de 200$ le baril comme probable), le pétrole a fortement baissé déjouant tous les pronostics. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette baisse : la progression de l'offre de pétrole avec le développement des gaz de schiste aux Etats-Unis, la faiblesse de la demande provenant des économies émergentes et européennes qui peinent à repartir franchement et également des raisons géopolitiques. Les analystes et stratégistes estiment que la chute du prix du pétrole est positive car elle entraîne des gains de pouvoir d'achat pour les ménages et améliore la rentabilité de certaines activités industrielles. S'il semble indéniable que la baisse du prix du pétrole produit des effets positifs, il faut aussi prendre en compte les effets négatifs potentiels. En effet, l'économie américaine a été soutenue par la croissance des gaz et pétrole de schiste et certains producteurs se sont lourdement endettés avec probablement des hypothèses de prix du baril supérieures au cours actuel. Certains pays producteurs de pétrole sont très dépendants du prix de l' "or noir " et les " majors " pétrolières ont annoncé des réductions d'investissements et des baisses d'effectifs. Beaucoup d'autres matières premières (cuivre, fer…) ont également fortement baissé en 2014 ce qui semble difficilement compatible avec des anticipations de croissance forte.
De la même manière, le faible niveau des taux d’intérêt augure mal d’une forte reprise économique.

Début 2014, les rendements des obligations souveraines et d'entreprises européennes se situaient à un niveau proche des planchers historiques et ces planchers ont encore été pulvérisés au cours de l’année. Fin 2014, le rendement des obligations souveraines à 10 ans allemandes et françaises étaient respectivement de 0,55% et 0,80%. Sur ces niveaux, nous pensons qu'il convient de parler de "bulle" sur les actifs obligataires : les banques centrales ont injecté beaucoup de liquidités et en l'absence de signes convaincants de reprise économique forte en Europe, les investisseurs ont privilégié les obligations. Beaucoup d'investisseurs cherchent des placements peu risqués et n'ont donc d'autres choix que d'investir dans des obligations souveraines. De plus, les investisseurs ne semblent pas effrayés par les hausses des taux directeurs annoncées par la FED aux Etats-Unis et ont anticipé une annonce de politique monétaire accommodante en Europe matérialisée par des rachats d’obligations souveraines. Lors des phases d'accélération de croissance économique, les investisseurs délaissent les obligations, ce qui a pour conséquence une hausse des taux, et c'est exactement l'inverse qui s'est produit en 2014.

Le troisième fait marquant de l’année est l’appréciation du dollar face à la plupart des devises. A contrario, l'euro s'est déprécié par rapport aux autres devises. La forte hausse de l'euro face au dollar est le résultat d'une anticipation de politiques monétaires divergentes. Ainsi, la FED a annoncé la fin de sa politique monétaire accommodante et sa volonté de relever ses taux directeurs en 2015. En revanche, la BCE a indiqué à de très nombreuses reprises vouloir initier une politique monétaire accommodante et la perspective d'une hausse des taux semble bien lointaine. De plus, l'économie américaine continue d'enregistrer de meilleures performances que l'économie européenne ce qui favorise le dollar.

Sur les marchés actions, la première partie de l'année a été positive aux Etats-Unis et en Europe. En revanche, la seconde partie de l'année s'est révélée décevante en Europe avec des craintes sur l'économie européenne. Encore une fois, les stratégistes et analystes ont été trop optimistes sur l'Europe. Le premier semestre de l'année a été caractérisé par une progression des valeurs cycliques liées à la conjoncture européenne, alors que durant la seconde partie de l'année, les sociétés peu exposées à l'Europe ont eu tendance à surperformer. Notre gestion prudente a une nouvelle fois délivré des performances positives en 2014. Notre sélection d'actions a permis de dégager une performance d'environ 15% en 2014 sur la partie actions de nos portefeuilles sous gestion alors que certains marchés actions européens étaient à peine positifs. Nous avons eu raison d'être prudents en ne misant pas sur un fort redémarrage de la croissance européenne et en privilégiant certaines actions. Sur l'année 2014, les profils dynamiques ont progressé de 6,4%, les profils équilibrés de 4,3% et les profils rendement de 2,3%.

Certains analystes et conjoncturistes voient l'économie accélérer en 2015, comme chaque début d'année depuis 5 ans et annoncent un " alignement des planètes " défini par la baisse du pétrole, la baisse de l'euro et la baisse des taux. Cela devrait permettre de relancer l'économie européenne et serait favorable aux actions. Si nous pensons que ces facteurs sont effectivement positifs pour l'économie européenne et devraient soutenir les marchés actions européens à court terme, nous sommes plus réservés à moyen terme. Nous pensons que le risque de déception est élevé au second semestre sur les marchés européens. Les marchés actions américains sont en hausse depuis presque 6 ans et le potentiel d'une hausse supplémentaire à moyen terme est très limité. Une correction des marchés actions dans la seconde partie de l'année ne nous surprendrait donc pas. Les marchés obligataires offrent des rendements dérisoires actuellement et une hausse des taux directeurs de la FED pourrait entraîner une hausse des taux. Dans ce contexte, nous pensons que la performance proviendra du “stock picking”;une sélection avisée aussi bien sur la partie actions que sur la partie obligations de nos portefeuilles sous gestion et une allocation prudente en matière d’actifs risqués se justifient donc d’autant plus.

 
   
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